CONTRAINTES ET OPPORTUNITES DE CREATION DE VALEUR AJOUTEE DANS LES CHAINES DE TRANSFORMATION DES FRUITS DU KARITE (VITELLARIA PARADOXA) ET DU CAJOU (ANACARDIUM OCCIDENTALE) DANS LE PROVINCES DE LA SISSILI ET DU HOUET AU BURKINA FASO.



CONTRAINTES  ET OPPORTUNITES DE CREATION DE VALEUR AJOUTEE DANS LES CHAINES DE TRANSFORMATION DES FRUITS DU KARITE (VITELLARIA PARADOXA) ET DU CAJOU (ANACARDIUM OCCIDENTALE) DANS LE PROVINCES DE LA SISSILI ET DU HOUET AU BURKINA FASO.

Auteur
Régina Kotchofa

Résumé
Les provinces de la Sissili et du Houet figurent parmi les quatre grandes régions (Cascades, Sud-Ouest, Hauts-Bassins et Centre-Ouest) de production d’anacarde au Burkina Faso et les pieds de karité y poussent naturellement. Les fruits sont transformés à plusieurs fins mais des difficultés entravent l’essor de l’activité quand bien même elle connaît des possibilités. La présente étude a été entreprise pour identifier les produits novateurs dérivés des fruits (pulpe et noix) du karité et de l’anacarde qui pourraient exister sur le marché, les contraintes et opportunités qui entrent dans la création de valeur ajoutée. L’enquête a été réalisée dans les communes de Léo et de Bobo-Dioulasso représentant respectivement les provinces de la Sissili et du Houet. Les résultats obtenus montrent des possibilités de création de valeur ajoutée au karité et à l’anacarde.
A Léo, le maillon de la transformation est le moins connu. Les noix de karité y sont transformées en beurre de karité comme partout ailleurs dans les pays africains, et jusqu’au niveau industriel. La pulpe du fruit karité ne subit aucune transformation alimentaire. La quasi-totalité des noix de cajou est par contre commercialisée au niveau national et aux pays frontaliers. Les pommes de cajou sont consommées en jus de pommes et pommes séchées. Comme la pulpe du karité, elles sont aussi consommées par les hommes et les animaux. Elles entrent également dans la composition des fosses fumières destinées à la production de cultures vivrières et maraîchères. Comparativement à cette zone, Bobo-Dioulasso offre plusieurs produits novateurs dérivés des noix de cajou (amandes grillées assaisonnées, combustible), et de la pulpe du cajou et du karité (confitures, glaces, gelées). La production du miel du karité et de l’anacardier crée une plus-value dans la chaîne et procure de gain supplémentaire aux producteurs qui savent l’appréhender. Le miel de ces espèces fruitières est plus vendu à l’état nature et entre parfois dans la préparation culinaire. Du fait de la pollinisation multi fleurs par les abeilles et de la taille des plantations, il est difficile que le miel provienne uniquement du karité ou de l’anacardier. Dans la chaîne de valeur de la transformation des produits du karité et du cajou, hommes et femmes jouent différents rôles. Les femmes sont majoritairement présentes dans le maillon de la transformation. Mais du fait des pesanteurs socioculturelles et économiques, elles n’arrivent pas à aller au-delà de leurs capacités bien que l’activité soit pour elles, une opportunité d’amélioration de leur condition de vie et de celle de leur famille en générale.
La faible transformation de la pulpe du karité et du cajou indique que l’impact sur les revenus sera toujours moins important si des mesures appropriées ne sont pas entreprises pour générer de la valeur ajoutée. Il convient donc de mieux restructurer les liens entre les acteurs de la chaîne, favoriser l’environnement de création de valeur ajoutée, et installer des unités de transformations de la pulpe des fruits karité et cajou.

Mots clés: Karité – Cajou – Fruits – Pulpe – Valeur ajoutée – Burkina Faso.

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